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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 14:09

Pluie d orage Trat.J'ai pris un peu plus de temps ce matin et c'est à pied que je me rends jusqu'à la gare des bus. Comme souvent, les informations sont contradictoires. De guichet en guichet, je finis par trouver le bon et me munis d'un billet pour Trat, la dernière petite ville thaïlandaise avant le Cambodge et c'est de là que je pourrais embarquer à Laem Ngop pour l'île de Koh Chang.

Longue attente jusqu'à 13h30, ce qui me laisse le temps pour déjeuner.

 

Après un trajet sans histoire j'arrive à destination. J'ai quand même tourné un peu en rond avant de trouver la « Garden guesthouse » où j'avais prévu de m'installer. La chambre est spacieuse, propre et au calme en retrait de la rue. Jouxtant la maison, une salle d'entraînement où quelques boxeurs soulèvent des haltères et font des abdominaux.

 

J'ai juste le temps de m'installer avant qu'une belle averse tropicale se déclare accompagnée de son lot de roulements de tonnerre et d'éclairs. Bonne occasion pour se reposer un peu avant d'aller dîner.

 

Le lieu incontournable pour trouver de bons repas traditionnels est, comme je l'ai déjà souligné, le marché de nuit. Succession d'échoppes de toutes sortes, illuminées comme si c'était perpétuellement la fête. Tout ce qui peut se manger s'y trouve : fruits, pâtisseries et bien sûr restauration rapide.

 

Rassasié, j'ai marché dans la nuit quelque peu rafraîchie par l'averse de fin d'après-midi et, de ruelle en ruelle, en Marche de nuit Trat.rentrant « chez moi », j'ai repéré une autre guesthouse qui propose à ses clients la wifi gratuitement. Je décide donc de déménager le lendemain très tôt pour avoir largement le temps de profiter d'une journée à Koh Chang.

 

Chose dite, chose faite, comme prévu j'arrive à 6h30. On m'attendais. Accueil cordial qui augure d'une bonne relation avec la famille propriétaire des lieux.

 

Je pensais trouver facilement un sorgn taa ou prêt à partir, en fait la ville commençait seulement à se réveiller. Tant pis, je paierai le prix fort en en louant un comme un taxi. Une heure plus tard j'arrivais au petit port de Laem Ngop.

 

Un grand ferry à la peinture verte décrépite, laissant voir un peu partout le métal rouillé était à quai. Déjà, des passagers commençaient à embarquer, je fis de même. Le pont inférieur est destiné aux véhicules et le pont supérieur aux passagers. Chaque billet acheté permet d'embarquer avec un véhicule : vélo, moto, automobile ou même camion .

 

Embarquement vers Koh Chang.Deux cars arrivent et un flot de touristes thaïlandais investissent le pont supérieur. Encadrés par des guides qui, pendant la petite heure que dure la traversée, donneront des conseils et des consignes à grand renfort de porte-voix, comme c'est l'habitude un peu partout dans le monde.

 

Des rangées de sièges en plastiques verts au dessus desquels sont les gilets de sauvetage oranges, forment une espèce de grande salle d'attente au milieu de laquelle « trône » un petit bar où l'on sert, café, boissons gazeuses et bières.

 

Au loin, les formes embrumées des îles, une mer calme miroitante sous un soleil quelque peu voilé. Quelques bateaux de pêches fendent lentement de leur proue ce jeu de lumières presque aveuglante.

La rampe se relève, le moteur gronde en faisant vibrer toute la structure du ferry. Nous laissons enfin le continent pour le large et la montagne couverte de forêt qu'est Koh Chang. Le ciel est de plus en plus chargé, le tonnerre gronde et les éclairs illuminent la masse nuageuse.

Après une courte traversée nous accostons à Tha Damn Khao au nord-est de l'île.

 

Koh Chang.Mouhot n'est pas allé à Koh Chang, ni dans les autres îles (kho = île ) d'ailleurs il ne fait que les évoquer et quand il navigue dans sa « coquille de noix », il n'accoste presque jamais, jetant l'ancre dans une baie abritée ou une crique. En revanche il les décrit tout au long de son périple qui le mènera à Kampot au Cambodge.

 

« Deux jours plus tard nous arrivâmes à Ko-Khut ( Koh Kut ), où,de nouveau, des pluies torrentielles et un vent contraire nous retinrent à une centaine de mètres du rivage, dans une anse qui était loin d'offrir beaucoup de sécurité à notre modeste embarcation.
Notre position n'était pas agréable; notre chétive barque, rudement secouée par les flots en fureur, menaçait à chaque instant d'être jetée à la côte contre les rochers »
. ( p. 108)

 

Comparé à ce qu'il a vécu, mon voyage est une véritable « promenade de santé » !!!...

 

Un sorng taa ou me prend en charge avec quelques autres passagers et nous nous mettons en route. Il ne faut pas Dans le tuk tuk sous la pluie Koh Chang .longtemps avant que l'engin ne s'arrête; évidemment il n'était pas complet !... Autre débarcadère de ferry où nous attendons une bonne demi-heure. Quelques autres embarquent et nous repartons à notre point de départ pour récupérer, au ferry de 10h30, le complément de clients souhaité par le chauffeur.

 

Nous reprenons la route et un nouvel arrêt en bord de route, technique cette fois, alors que les premières gouttes d'une belle averse tambourinent sur le toit de tôle. Le chauffeur et un passager déroulent des bâches latérales sous une pluie devenue battante. Malgré cela, nous ne sommes pas vraiment à l'abri car le vent et les courants d'air générés par le déplacement permettent à la pluie de s'infiltrer de toute part. Bien mouillé, mais quel rafraîchissement !!!

 

La route tortueuse, au travers de la forêt est, surtout dans les virages en « épingle à cheveux », transformée en un véritable torrent boueux.

Heureusement l'averse diminue d'intensité en arrivant à destination : Hat Saï Khao ( plage de sable blanc ).

Je trouve abri sous le couvert du auvent d'un restaurant où je suis vite rejoint par des livreurs de bières en motos complètement trempés.

La rue n'est plus qu'une vaste mare où passent les véhicules, ralentissant soulevent de longues gerbes d'eau.

Apres la pluie Hat Sai Khao Koh Chang.

La pluie cesse et j'entame un petit tour de reconnaissance

 

Avant que les lieux ne soient envahis par les hordes de touristes, jeunes et moins jeunes, cela ne devait être qu'un pauvre village de pêcheurs. Aujourd'hui, il faut se rendre à l'évidence, c'est devenu une espèce de club de vacances à grande échelle. Tout est là pour satisfaire les envies de plage et de fête : hôtels, guesthouses, restaurants, plongée sous-marine et boutiques, il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses ... Sans oublier  les corollaires, devenus évidents, de ce tourisme de masse : prostitution de toutes les sortes et drogue.

 

Mere et fille Koh Chang (1)Après la pluie, la plage est presque déserte, il fait bon grâce au vent venant du large et les lumières sont très belles.

 

Beaucoup de restaurant offrent des terrasses ouvertes sur la plage et le personnel s'active pour déplier les chaises longues, mettre en place tables et chaises et pratiquer des petits canaux dans le sable pour évacuer les eaux de ravinement. D'ailleurs on se rend vite  compte que toutes les eaux usées ou sales vont à la mer ...

 

En remontant vers la pointe rocheuse qui ferme la plage au nord, je découvre de nombreux bungalows tous plus originaux que les autres et commence à croiser les touristes qui peuvent maintenant prendre leurs aises après la pluie.

 

Le retour est bien moins long et le trajet en sens inverse vers Trat se fait beaucoup plus rapidement.

 

Il est encore assez tôt pour entreprendre une balade le long de la rivière Klang Trat, dont la rive droite, aménagée en La vieille ville Trat.promenade bétonnée sur pilotis, est bordée par le vieux quartier de la ville, où se trouve « ma guesthouse » côté rivière, au demeurant vraiment insalubre.

 

Le lendemain samedi ( 15 mai ), au regard des dysfonctionnement du blog, je vais devoir travailler toute la journée. Puisque les photos se s'affichaient plus dans les lettres il faut les refaire après avoir rédiger et envoyé la dernière : 11h de travail presque non stop !!!...

J'en profite pour ouvrir une toute petite parenthèse pour ceux qui pourraient me croire en vacances. Mes journées commencent entre 6 et 7h le matin. En général c'est tôt que je dois partir pour profiter des meilleures lumières et aussi parce que cela prend beaucoup de temps pour aller d'un point à un autre. Il aura aussi fallu entre temps trouver les moyens de connexion internet ; cyber café ou, plus pratique et confortable, une guesthouse proposant la wifi ...

Le retour se fait le plus souvent à la nuit, encore pour les mêmes raisons et il est rare que je sois couché avant minuit ou une heure du matin ... les nuits sont même souvent écourtées par la nécessité de se lever encore plus tôt pour sauter dans un bus très matinal ... fermer la parenthèse.

 

Justement, dimanche ( 16 mai ), lever à 4h00. Départ de la guesthouse à 5h00 après un petit déjeuner mangue et eau Frontiere Thailande Cambodge.tiède. C'est le mari de la propriétaire et son tout jeune fils qui me conduisent à la gare routière distante de 4 ou 5 kms dans un superbe 4 x 4 japonais sûrement neuf.
Nous arrivons bien évidemment trop tôt. Il fait encore nuit. Quelques chauves-souris s'attaquent à leur dernier repas tandis que les premiers oiseaux se manifestent en passant de l'aube à l'aurore.

 

Un film américain ( version thaï ) est diffusé sur un écran de télévision perché très haut et dont le son est un peu fort pour un début de matinée.

Personne n'y prête attention, tous plus ou moins endormis sur les sièges oranges inconfortables, d'ailleurs nous sommes très peu nombreux.

Quelques autres arrivent enfin et à 6h00 le mini bus se met en route.

 

Très vite nous arrivons au poste de frontière de Cham Yeam - Hat Lek, entre Trat et Krong Koh Kong au Cambodge.

 

Malheureusement, la relation maritime avec Sihanoukville est suspendue jusqu'à nouvel ordre, moi qui pensait, au moins partiellement faire comme Mouhot, encore une fois raté, nous ne sommes plus au XIXème siècle ... et c'est parfois à le regretter ...

 

Portefaix a la frontiere Hat Lek.Aussitôt je suis assailli par une « nuée » de prétendus amis, souhaitant m'aider à accomplir les formalités de passage. Je sais de quoi il en retourne, mais j'en suis un histoire de voir comment il s'y prendra. Très efficace au demeurant, j'en aurais fait autant tout seul, j'accomplis « le parcours du combattant » qu'est un passage de frontière terrestre en Asie.

Regard suspicieux du policier en va et vient entre la photo de mon passeport et l'image sur l'écran de son ordinateur relié à une petite caméra. Formulaire de sortie d'un côté et d'entrée de l'autre, tampons sur le passeport et même une pseudo visite médical consistant en une prise de température, 36,7°C, tout va bien, à l'issue de laquelle le médecin cambodgien (?) me demande 20 baths en me remettant un imprimé rose sur lequel je peux lire les mises en garde sanitaires : SIDA, hépatite et autre grippes infectieuses...

« Mon ami », son devoir accompli me demande tout simplement 10$ pour son aide (?) ce que j'attendais bien sûr; de lui expliquer alors qu'il devrait s'y prendre différemment, en se présentant, par exemple, directement comme un employé à rémunérer, écartant ainsi toute possibilité de mauvaise interprétation et d'éviter pour lui les ires des étrangers. Je lui ai quand même donné 20 baths, comme au médecin. Il n'était vraiment pas content et le doute, mais je ne peux m'empêcher de dire ce que je pense, que mon discours ait éveillé en lui même un début de réflexion ... merci à nos cousins américains qui trop souvent usent du dollar à la légère...

Pendant ce temps, une noria de portefaix « à vide » se pressent vers la Thaïlande, croisant les premiers passés surchargés de ballots de marchandises de toutes sortes, mais surtout de durians, ce fruit fort prisé qui est beaucoup plus abondant et bien moins cher de l'autre côté de la frontière.

 

DurianLe durian est un fruit très goûteux et au parfum extraordinaire. Mais pour pouvoir le savourer il faut être capable de franchir son odeur nauséabonde qui agresse terriblement notre odorat.


« Les fruits dans cette province [ Chanthaburi ] sont aussi bon que nombreux : ce sont la mangue, le mangoustan, l'ananas, si odoriférant et qui fond dans la bouche, et surtout, ce qui est bien supérieur à tout ce que j'avais pu imaginer avant d'en avoir goûté, le fameux durion [durian ] qui mérite à juste titre d'être appelé le roi des fruits. Toutefois, pour bien l'apprécier, il faut quelque temps; il faut surmonter le dégoût qu'inspire son odeur lorsqu'on n'en a jamais mangé; cette odeur est telle qu'au premier abord j'étais obligé de m'éloigner du lieu où il se trouvait. La première fois que j'en goûtai, il me semblait être près de quelque animal en putréfaction; ce ne fut qu'à la quatrième ou cinquième tentative que je sentis cette odeur se changer en un arôme des plus agréable ». (pp. 101 – 102)

 

Le billet acheté à Trat incluait le taxi qui me prit en charge et me conduisit, 20 kms plus loin, au bourg où j'embarquai dans un bus à destination de Sihanoukville ( Krong Preah Sihanouk, de Norodom Sihanouk, le précédent roi du Cambodge ) appelée alors et quelquefois encore Kompong Som .

Je fis étape pour la nuit dans cette ville nouvelle qui « a émergé de la jungle dans la fin des années 1950 pour devenir le premier et unique port en eau profonde du pays : un atout vital pour le commerce international cambodgien, qui transitait auparavant par le Viet Nam ». ( guide Lonely Planet – Cambodge )

Sihanoukville.

Le lendemain matin, je me mettais en route pour Kampot, où Henri Mouhot arriva au Cambodge et qui était alors le seul port en eau profonde du pays.

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commentaires

Hotels en Thailande 28/02/2011 10:31


Super récit, ça rappelle des souvenirs !
Moi aussi, j'adore manger sur les marchés de nuit.
Y a un stand à celui de Krabi je crois que j'ai jamais aussi bien mangé que là et pour 30 baths