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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 15:17

... Il était grand temps que je réactive ce blog, je crois ...

En 2008, l'inscription du temple de Preah Vihear sur la liste du Patrimoine de l'Humanité (UNESCO) a réveillé de vieilles  rancunes et  il  est, depuis, le théâtre d'opérations militaires et de combats sporadiques ayant causé la mort de plusieurs de personnes 

Du lundi 15 au vendredi 19 avril 2013, la Cour Internationale de Justice (CIJ) tiendra audience au Palais de la Paix  de La Haye (Pays-Bas) pour une énième demande d'interprétation de l'arrêt du 15 juin 1962 dans le litige qui oppose la Thaïlande et le Cambodge à propos du temple de Preah Vihear.

(voir tous les liens)

Une bonne occasions pour apporter quelques précisions et explications sur l'origine de ce conflit.

Trois parties seront développées, je vous livre la première : 

 

De l'origine de l'empire khmer au litige du Preah Vihear.

 

L'installation de comptoirs commerciaux sur la côte sud du Viet Nam actuel, marqua, dès le 1er siècle, le début de l'indianisation de la société khmère.

Ces comptoirs constituaient des escales importantes pur les échanges commerciaux entre l'Inde et la Chine et s'imposèrent comme une puissance maritime que les Chinois appelaient le Funan.

Entre le I er et le VIII ème siècle, ce qui n'était pas encore le Cambodge était un assemblage de petits Etats dont le Funan était le plus puissant.

L'hindouisme, avec les cultes de Shiva et de Vishnou et le bouddhisme se pratiquaient sans retenue.

                                     Terrassse du roi lepreux (3)

Shiva et Parvati (terrasse du Roi lépreux - Angkor).

A partir du VI ème siècle, les populations s'installèrent progressivement le long du Mékong et du Tonlé Sap avec le développement de la riziculture. Aujourd'hui encore, ce sont les principaux bassins démographiques.

Durant les deux siècles suivants, le pays était encore divisé en plusieurs petits royaumes que des rois autocrates dirigeaient en s'appuyant sur le principe hindou des castes.

C'est la période Chenla.

Sur un édifice de la montagne sacrée de Phnom Kulen on trouve une inscription précisant que Jayavarman II (802 – 850) se proclama monarque universel ou devaraja (dieu-roi) marquant probablement le début d'un des plus grands empires du Sud-Est asiatique.

Jayavarman II fut le premier d'une longue série de rois qui participèrent activement à l'histoire du royaume Khmer et à la construction de toutes ces villes, temples et édifices religieux qui ponctuaient l'empire.

Il fonde Hariharalaya, la première capitale d'Angkor, dont le nom signifie « lieu ou siège de Harihara » (Vishnu, Hari et Shiva, Hara réunis en une même représentation).

                                   Angkor Vat (13)

Angkor Vat.

L'essor d'Angkor trouve son origine dans la maîtrise de l'eau et d'un système hydraulique qui permit alors une irrigation importante et la construction d'importants réservoirs (baray) en prévision des périodes sèches.

Ces vastes territoires étaient difficiles à gérer et à surveiller. Au début du XI ème siècle l'usurpateur Suryavarman I er (1010 – 1050) retrouve le contrôle du royaume, marquant le début d'un essor formidable, (craint par ses voisins) et le départ de son ère florissante.

C'est à lui que l'on doit le début de la construction du temple de Preah Vihear qui sera poursuivie par Suryavarman II, dans la moitié du XII è siècle.

 

                                  Temple de Preah Vihear - Photo -The Nationjpeg

Le temple de Preah Vihear.

Ses successeurs, de Suryavarman II (1113 - 1152) le constructeur d'Angkor à Jayavarman VII (1181 – 1218) celui du Bayon et de l'introduction du bouddhisme, mettront tous les moyens possibles pour accroître la grandeur de leur royaume.

Notons que Jayavarman VIII (1243 – 1295) redevient hindouiste et entreprendra la destruction systématique des statues de Bouddha.

Les villes de Lavo (Lopburi), Sukhotai et Phimai (Khorat – Nakhon Ratchasima) était des villes administratives khmères reliées entre elles depuis Angkor par de routes souvent pavées, jalonnées de temples symboles de la puissance khmère.

                                   Wat Phra Si Rathan Mahathat XIIeme siecle Lopburi' (2)

Lopburi - Wat Phra Rathn Mahathat (XIIème siècle).

A son apogée, royaume s'étendait jusqu'aux marches de Pagan (Birmanie - Myanmar) et de Champa (Viet Nam) et inclut l'Isan actuel (province de l'est de la Thaïlande) où a été construit entre le X ème et le XII ème siècle le Phanom Rung. Ce temple montagne depuis lequel on voit la chaîne des Monts Dangrek à l'Est, se dresse comme un pendant du Preah Vihear, 150 km plein est, que se disputent aujourd'hui le Cambodge et la Thaïlande.

 

Le voyageur chinois Tcheou Ta Kouan qui arriva à Angkor en 1296 et qui séjourna un an à la cour du roi Indravarman, signale les velléités du souverain siamois qui marquent le début d'une longue série d'invasions jusqu'à la mise à sac d'Angkor en 1431.

S'en suit une période trouble sous les assauts siamois; l'élite khmère se réfugie dans la région de Phnom Penh.

Une mention au roi Ang Chan 1er (1526 – 1556) qui réoccupera provisoirement Angkor et à qui l'on doit la fin des décorations des bas-reliefs dans les parties Nord-Est de la galerie extérieure d'Angkor Vat après la victoire sur les Siamois lors de l'assaut d'un village; d'où le nom de Siem Reap qui veut dire siamois vaincus (ou en déroute).

                                 Angkor Vat (5)

Angkor Vat - Bas-relief de la galerie orientale.

A partir de 1600, une succession de rois faibles, sans cesse menacés par les dynasties rivales finissent par demander la protection des Siamois et des Vietnamiens.

 

                                 Carte Empire-Khmer

L'empire khmer à son apogée.

En 1623, Chey Chettha II roi du Cambodge, fait appel au souverain de Hué pour tenter de se libérer de la suzeraineté siamoise. Mais c'est en 1660 que le Cambodge commença à payer un tribut de vassalité au Viet Nam.

A partir de 1841, une grande partie du Cambodge fut incorporé au Viet Nam pour devenir l'Ouest cochinchinois. Après une rébellion cambodgienne et une guerre sans vainqueur entre le Viet Nam et le Siam, le Cambodge devint un condominium jusqu'à l'établissement du protectorat français en 1863.

Prochain article, deuxième partie :

La fastidieuse succession de traités et de conventions menant aux frontières actuelles.

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