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Henri Mouhot(1826 1861)

Avant-propos.

26 décembre 1998, début d'après-midi …

 

Se protégeant de la chaleur et de la lumière tropicale trop crue à l'ombre incertaine d'un parasol, deux voyageur de rencontre bavardent en sirotant une « beer lao » à la terrasse d'un café de Vientiane.

 

Histoire, littérature, aventures et mésaventures, « tuyaux » échangés, travaux photo, projets, autant d'élans passionnés que la précarité de l'instant rend plus précieux … moments privilégiés … intemporalité …

 

Yves, amateur et connaisseur de la littérature de voyage du XIXème siècle, me demande d'aller me recueillir sur la tombe d'un certain Henri Mouhot dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'ici … il me raconta donc : un cénotaphe élevé il y presque 150 ans à Ban Phanom non loin de Luang Prabang, à la mémoire d'un « illustre inconnu » franc-comtois sur les lieux où ses serviteurs l'inhumèrent à sa mort en 1861 … et un livre édité à titre posthume en 1864 à Londres (et depuis plusieurs fois réédité dont la dernière chez Arléa cette année) relatant son périple entre 1858 et 1861, de la Thaïlande, encore Royaume de Siam, au Laos en passant par la « redécouverte » d'Angkor …

 

C'est là que Henri Mouhot est entré dans mon existence, non pas par effraction mais parce qu'il faisait partie de ce ce voyage.

 

Notre périple continua vers le nord, en route pour la province du Yunnan en Chine ou j'avais encore beaucoup à faire. Nous fîmes étape à Luang Prabang, ville temple au bord du Mékong et ancienne capitale royale où, à l'époque, Henri Mouchoir fut reçu par le roi.

Nos nombreuses balades nous conduisirent bien évidemment à Ban Phanom, village ta¨lue, connu pour ses soieries et ses cotonnades; à peine a-t-on quitté le village qu'il ne reste plus qu'à suivre un fléchage indiquant la direction du cénotaphe.

Quelques heures de marche sous un soleil écrasant nous menèrent jusqu'aux rives de la Nam Kham (affluent du Mékong) et, non loin, un monument rénové en 1990 à l'initiative de Jean-Michel Strobino.

Dernier hommage :

« La ville de Montbéliard, fière de son enfant »Henri Mouhot cenotape Ban Phanom'

 

Emotion intense, mais aussi de nombreuses interrogations :

Qui était cet Henri Mouhot oublié des dictionnaires était perdu dans les méandres de l'histoire ? Quelles nécessités l'avaient poussé à remplir ainsi sa si courte vie ? ... nous ne lz sauront peur-être jamais, à moins que ...!?

Quelques prises de vue dans cette « mauvaise « lumière d'un début d'après-midi tropical, mais déjà naissait le désir d'en savoir plus et d'établir une plus grande complicité avec ce personnage hors du commun, enterré là, au milieu de nulle part, à l'autre bout de notre monde.

Voici pour le premier contact.

 

 

 

 

 

Premières démarches.

 

A notre retour il fallut bien sûr que je me procure son récit en librairie mais malheureusement la dernière édition était épuisée.

 

En suisse, puisque nous y travaillions tous les étés afin de constituer le viatique nécessaire à notre existence voyageuse, en Suisse donc; je contactais les éditions Olizane à Genève. Chance ou évidence !?, il leur restait un exemplaire de l'édition de 1989.

 

Au fil des jours qui passaient, accomplissant mon labeur viticole et rémunérateur, je découvrais l'extraordinaire parcours asiatique de cet obscur naturaliste dilettante qui n'hésita pas à tout laisser derrière lui pour se consacrer corps et biens à son projet qui lui coûta finalement la vie.

 

Une année passa.

 

En avril 2000, mon travail consacré au Yunnan vit son aboutissement dans la publication de l'ouvrage « Au Sud des Nuages, le Yunnan » (aux éditions Plume & Pomme). Cette jeune maison d'édition se lançait parallèlement dans la conception et la diffusion d'une revue comtoise d'art et de culture, « la Vouivre » avec laquelle j'ai collaboré, ponctuellement et bénévolement, comme photographe depuis sa création. (La maison d'édition et la revue n'existent plus depuis mars 2002).

Le numéro 3 était consacré « aux explorateurs franc-comtois ». Je pensai immédiatement à Henri Mouhot. C'est ainsi qu'ont commencé mes recherches concernant le voyageur et c'est bien sûr à Montbéliard que tout a commencé.

rue Henri Mouhot Montbeliard

Non loin du château de Wurtemberg, une courte rue porte son nom; aux archives municipale un dossier accessible au public contient divers documents : articles de presse, copies d'extraits d'actes d'état civil, généalogie, etc... mais malheureusement, ils sont trop peu nombreux et ne permettent guère que d'émettre des hypothèses quant à son parcours entre sa naissance et son départ pour l'Asie. A part quelques points précis (naissance, scolarité et mariage avec Ann Park), les documents sont rares.

Ainsi certains journalistes ont su mettre à profit ces lacunes pour diluer sa vie dans un « flou artistique » en rédigeant des articles plutôt romantiques pour lesquels la démarche journalistique a cédé la place à l'écriture romanesque ! Il fallait remplir les blancs à l'évidence bien trop nombreux !

Aucun document officiel ou privé n'atteste son départ pour la Russie en 1844 ni ne confirme son statut d'enseignant du français à l'Académie Militaire de Voronej sur le Don où il est censé avoir passé une dizaine d'années.

Aucune information concernant son retour à Montbéliard en 1854 ni de son départ avec son frère Charles pour leur périple européen comme  « photographe » (pas de trace de carnets de route, de croquis, ni aucun daguerréotype retrouvé). Quelle fut sa formation post-scolaire ? ... Photographe ?... Naturaliste ? ... entomologue ? ... et où? ...

Si son mariage avec Ann Park -(Fut-elle une descendante du fameux explorateur écossais Mungo Park ?)- en 1855 et ses travaux de naturaliste sont mentionnés dans un article du « British press, Jersey times » du 30 mai 1862, aucun document officiel ne figure dans le dossier des archives municipales. Une correspondance établie par Jean-Michel Strobino avec le British Museum, m'a permis de consulter la copie d'une liste des acquisitions faites par mr Stevens pour le compte du musée de collections envoyées entre le 8 juillet 1859 et le 18 août 1862.

Cela permet d'attester une correspondance régulière entre Henri Mouhot et Mr Stevens mais dont on n'a plus aucune trace.

Pa ailleurs, la correspondance que j'ai établie avec les Archives des Missions Etrangères à Paris, n'a pas permis de retrouver de lettres échangées par Henri Mouhot avec les missionnaires qu'il avait rencontrés en Thaïlande et au Cambodge à cette époque. En revanche quelques lettres adressées à Henri Mouhot reproduites en annexe de l'édition de Londres en 1864 (ouvrage qu'on peut consulter à la médiathèque de Montbéliard) confirment ces relations épistolaires.

 

Documents : dosier CM 1814 Sausheim (1998) : généalogie, extraits d'actes d'état civil, correspondance de J.M. Strobino avec le British Museum et différents articles de presse. Fonds 34S collège Cuvier (Scolarité).

Edition Olizane 1999

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