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HENRI MOUHOT (1826 – 1861).

Henri Mouhot(1826 1861)

 

Montbéliard qui adopta la réforme en 11524, n'était rattachée à la France que depuis le 10 octobre 1793 quand Alexandre Henri Mouhot naquit le 15 mai 1826.

 

Le pays vivait alors des heures difficiles au sortir de l'épopée napoléonnienne qui prit fin à Waterloo le 18 juin 1815.

 

Après le second Traité de paris, le 20 novembre 1815, l'Empire redevenait une France bien plus modeste, amputée à l'est, entretenant une force d'occupation et vivant sous la surveillance des Quatre (Russie, Prusse, Autriche et Angleterre.

 

« Au cours des guerres de la Révolution et de l'Empire, la France prit une extension démesurée, pour subir bientôt les humiliations de 1815. Et si le Second Empire a su acquérir la Savoie et le Comté de Nice, il a perdu l'Alsace et une partie de la Lorraine unies à la patrie française par une communauté séculaire d'intérêts et de sentiments » Dans : Géographie de la France et de ses Colonies Marcel Dubois G.Masson éditeur Paris 1892).

Mais l'auteur de ces lignes en 1892, n'avait pas su pressentir que le Second Empire serait aussi la période florissante d'une expansion coloniale fulgurante dont le terrain de manoeuvre serait l'Extrême Orient.

 

En 1914, l'Empire colonial français s' étendait sur 14.416.000 km2, superficie qui ne changea guère jusqu'en 1939, le début de sa fin.

Palais royal

 

La famille Mouhot était au moment de la naissance d'Henri alors installée au 247 avenue de la gare (aujourd'hui le 6 de la rue du château).

Son père, Jean Henri, était ouvrier horloger (monteur de boîte) puis devint par la suite receveur d'octroi et sa mère Suzanne Marguerite Jacot était institutrice. Il eut un frère, Charles et deux soeurs, Adèle et Louise Emilie, décédées peu après leur naissance.

On ne sait rien des rapports qu'il entretenait avec les siens; en revanche, il eut probablement une relation privilégiée avec son frère Charles de deux ans son cadet.

Elevé dans une famille protestante, il entra au collège cuvier le 16 octobre 1837 en classe de sixième comme externe et y poursuivit une scolarité « normale » jusqu'en juin 1844.

Contrairement à ce qui a pu être écrit jusqu'à présent, il ne fut pas un élève « brillant » et hormis un prix d'orthographe et de narration, il ne se distingua pas particulièrement. Les examens d'août 1843 le jugèrent trop faible pour passer en rhétorique et il termina donc en seconde ses études sanctionnées par un Certificat d'Etudes Collégiales le 14 juillet 1844. Le 5 novembre de la même année, sa mère décédait.

 

Ce n'est donc pas « chargé » de diplôme, comme on a pu le prétendre, qu'il quitta à 18 ans Montbéliard pour la Russie des Tsars où il enseigna le français à l'Académie de Voronej sur le Don. Attentif à cette société différente qu'il fréquentait, il sut mettre ses loisirs à profit en la décrivant :

« pendant de longues années, j'ai séjourné en Russie; j'y ai été témoin des effets affreux du despotisme et de l'esclavage... » ( p. 21 ).

Reception de H. Mouhot

Mais la guerre de Crimée ( 1833 – 1856 ) l'obligea à rentrer à Montbéliard où il retrouva son frère Charles. Ils n'y restèrent pas longtemps et entre1854 et 1855, ils parcoururent peut-être l'Italie du nord, l'Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas qu'il « photographièrent » avec un daguerréotype.

Reporters avant l'heure, ils vécurent probablement de leurs travaux photographiques et de reportages. Mais de tout cela nous n'avons encore aucune preuve solide.

A La Haye, ils auraient organisé une exposition de leur production, qu'ils transportèrent par la suite à Londres. C'est là qu'ils firent la connaissance de deux soeurs, les petites nièces ( présumées) de Mungo Park (1779 – 1806) l'explorateur écossais qui mourut au bord du Niger. En 1855 Henri épousa Ann et Charles Jenny.

 

 

Très vit ils s'établir dans l'île de Jersey, à Bouillon Rouge, près de St Hélier. Ce sont peut-être leurs convictions politiques qui les poussèrent à choisir Jersey où s'étaient exilés ceux qui contestaient le Coup d'Etat de 1852 qui porta Louis Napoléon Bonaparte au pouvoir; peut-être y rencontrèrent-ils Victor Hugo ?...

 

C'est donc dans cette île anglo-normande que l'idée d'un grand voyage se forma dans l'esprit d'Henri Mouhot. Tout en se livrant à des travaux naturalistes, il s'adonnait à la lecture et se plongea sûrement dans « Voyage au coeur de l'Afrique »de son illustre grand-oncle par alliance(s'il 'était bien).

Mais l'ouvrage qui détermina la direction à prendre fut sans doute celui de John Bowring « The Kingdom and the people of Siam with a narrative of the mission of that country in 1855 »; notons que pour l'essentiel ,il s'agissait d'une traduction de celui publié en 1854 par Mgr Pallegoix « Description du Royaume Thaï ou de Siam » qu'Henri Mouhot rencontrera à son arrivée à Bangkok en 1858.

 

Le projet se concrétisait. Il entama alors les démarches auprès de différentes sociétés savantes françaises et du Gouvernement à la recherche de financements. Ce fut sans succès, sûrement à cause de sa résidence chez les « dissidents » de Jersey. Grâce sans doute à son mariage avec Ann Park et l'influence de sa famille, il obtint l'appui « moral » de la royal Zoological Society et de la vénérable Royal Geographical Society de Londres. Mais c'est à ses frais qu'il entreprit le voyage.

Le roi Mongkut et la defunte reine

« Le 27 avril 1858, je m'embarquai à Londres sur un navire de commerce ( le Kursovie ) à voiles, et de très modeste apparence, pour mettre à exécution un projet que je mûrissais depuis quelque temps, celui d'explorer le Royaume de Siam, le Cambodge, le Laos et les tribus qui occupent le bassin du grand fleuve Mékong » (...)

« Enfin j'arrivai à Singapour le 3 septembre. Je n'y fis qu'une courte halte pour m'orienter sur le pays que j'allais visiter et trouver un navire en partance pour la capitale du Siam. Le 12 du même mois, après une traversée assez monotone dans le large golfe qui séparel'Indo-Chine en deux pénonsules, nous arrivâmes à la barre du Menam, le fleuve qui traverse Bangkok. ». (p.15)

 

Après une traversée assez épouvantable de quatre mois;, sur laquelle il préfère d'ailleurs ne pas s'étendre, le voici enfin à pied d'oeuvre..

Comme il en prendra l'habitude tout au long de son périple, c'est aux missionnaires qu'il rendra les premières visites.

Dès les premières pages de son récit on découvre un fervent chrétien mais aussi un patriote : « Nous jetâmes l'ancre en face de la cathédrale de la Mission française et du modeste palais épiscopal de Mgr Pallegoiox, ce digne archevêque qui pendant près de trente ans, sans autre assistance que celle de quelques missionnaires dévoués comme lui, a su faire respecter dans ces régions lointaines le signe révéré du chrétien et le nom de la France. La vue de la croix, surtout dans ces pays éloignés, fait le m^me bien au coeur qu'un ami de vieille date ». (p;.17).

Ces sentiments, sous diverses formes, continueront d'être exprimés tout au long de sa relation de voyage.
A Bangkok, il sera présenté au roi et diverses personnalités ecclésiastiques et laïques.

Il quittera très vite la capitale (le 19 octobre 1858) pour une courte expédition en remontant le Ménam ( Chao Phraya ) pour arriver à Ajuthia (Ayuthaya); il passera à Saraburi et visitera le mont Phrabat et son temple ( Wat Phuphrabat ) où l'on vénère l'empreinte du pied de Bouddha.

On le retrouve à Bangkok en décembre à préparer son deuxième voyage qui, cette fois, le mènera au Cambodge.

Après avoir longé la côte en bateau, il arrivera à Chantaboum ( Chantaburi ) où il séjournera trois mois. C'est là qu'il s'attachera les services de Phraï et de Deng, tous deux chrétiens et qui lui seront fidèle jusqu'au bout. Il reprendra sa navigation côtière jusqu'à Kampot, le seul port maritime cambodgien; puis il ralliera Udong où il sera présenté au roi. Son itinéraire, qui le mènera à Angkor, se fait tout au long d'un tracé jalonné de missions et, sans ces missionnaires » héroïques rien, à cette époque, n'aurait été possible.

Dans le golfe de Siam

Mgr Miche et l'abbé Arnoux ( du Mémont – Le Russey )à Pinhalu, l'abbé Guilloux ( de Saint- Hyppolite ) à Brelum, tous deux originaires du Doubs, et finalement le père Sylvestre à Battambang, lui furent d'une aide inestimable et ces rencontres furent d'un grand réconfort mutuel.

 

Parallèlement à ses recherches de naturaliste, on lui doit des observations précises des régions traversées et certaines ont pu être propre à exalter les tenants d'une politique d'expansion coloniale qui trouva sa pierre angulaire avec l'expédition Doudart de Lagrée ( 1866 - 1868 ). Mais le but de Mouhot n'était pas politique bien qu'on puisse parfois le penser en le lisant :

« Je songeais à quel degré de prospérité cette province pourrait atteindre, si, déjà des plus belles et des plus florissantes du pays, elle était sagement et intelligemment gouvernée ou si quelques Européens venaient y jeter les fondements d'une colonie civilisatrice. Proximité de la mer, communications faciles et susceptibles de perfectionnement, climat sain, température supportable et surtout inépuisable fécondité qui permet la culture des plus riches productions, rien ne manque à cette contrée pour assurer le succès à des planteurs industrieux et indépendants ». (p.97 – 98)

 

Après cette belle énumération des avantages locaux, une suggestion ?!

« Ce qui reste de ce malheureux pays ne t ardera sans doute pas à tomber sous la domination de quelque autre puissance. Qui sait ? Peut-être la France a-t-elle les yeux fixés sur lui et se l'annexera comme elle fait en ce moment en Cochinchine » (p.113)

 

Lors de sa présentation au roi du Cambodge, en jeune homme qu'il était, il ne restera pas insensible au charme féminin et cela nous vaut également une brève description, évocatrice, du potentat :

« Il (le roi) était mollement couché à l'arrière de son bareau de construction européenne, sur un large et épais coussin; quatre rameurs seulement et une douzaine de jeunes femmes le remplissaient. Parmi celles-ci, j'en remarquai une dont les traits étaient délicats et même distingués; vêtue à moitié à l'européenne, moitié à l'annamite, et portant relevée toute sa longue chevelure noire, elle aurait pu passer pour une jolie fille en tous pays. C'était je pense la favorite du roi ». (p.116 )

Danseuse royale

Comme la plupart des voyageurs étrangers en ces contrées lointaines, il doit répondre au protocole en rendant visite au roi du Cambodge et doit se plier au rituel du cadeau :

« Au Cambodge comme au Siam, si l'on veut obtenir les bonnes grâces du roi ou des mandarins, il faut commencer par donner des présents. J'avais donc apporté une canne à fusil anglaise d'un beau travail, avec l'intention de l'offrir à sa Majesté » (p.119)

C'est là que se révèle un Henri Mouhot soucieux de son apparence et sortant de ses malles des vêtements dignes de cette circonstance :

« J'étais en habit, pantalon et gilet de toile d'une blancheur éclatante, un casque de liège, modèle romain et recouvert de mousseline blanche selon la méthode anglo-indoue, complétait ma singulière toilette ». (p.131)

 

C'est le père Sylvestre qui le conduisit à Angkor et sans sa connaissance du terrain, des us et coutumes dans ces régions inhospitalières, cette ancienne capitale aurait peut-être encore sommeillé longtemps dans la jungle cambodgienne :

Angkor '

« En effet peut-on s'imaginer tout ce que l'art architectural a peut-être jamais édifié de plus beau, transporté dans les profondeurs de ces forêts, dans un des pays les plus reculés du monde, sauvage, inconnu, désert, où les traces des animaux sauvages ont effacé celles de l'homme, où ne retentissent guère que le rugissement des tigres, le cri rauque des éléphants et le brame des cerfs.
Nous mîmes une journée entière à parcourir ces lieux, et nous marchions de merveille en merveille, dans un état d'extase toujours croissant.

Ah que n'ai-je été doué de la plume d'un Chateaubriand ou d'un Lamartine, ou du pinceau d'un Claude Lorrain, pour faire connaître aux amis des arts combien sont belles et grandioses ces ruines peut-être incomparables, seuls vestiges d'un peuple qui n'est plus et dont le nom même, comme celui des grands hommes artistes et souverains qui l'ont illustré, restera probablement toujours enfoui sous la poussière et les décombres » (p.190)

 

C'est en janvier 1860 qu'ils investirent les lieux en compagnie de Phraï et de Deng.. Pendant trois semaines, il remplit ses carnets de notes descriptives et de croquis, sans omettre, en bon naturaliste, de collecter inlassablement des spécimens de toutes sortes dont certains pour la première fois découverts portent son nom aujourd'hui encore. Il ne fut certes pas le découvreur d'Angkor, comme on l'a longtemps prétendu, mais son regard de voyageur soucieux de tous les détails et son talent de dessinateur nous ont légué une somme considérable d'informations.

Bivouac en foret

Tour à tour , zoologue, géographe et ethnographe, ses notes font preuve parfois d'une étonnante acuité dans une prose exaltée propre à son siècle.
Chargé de ces trésors, il rentrera à Bangkok en faisant une longue étape de deux mois à Battambang, puis il séjournera quatre mois dans les montagnes de Petchabury, snas doute pour se reposer et reprendre des forces. Depuis le départ on le sent soucieux de sa santé et de son confort, mais,après bientôt trois années passées loin des siens, le voilà devenant plus virulent. Une certaine lassitude mais aussi de l'exaspération sont en train de s'installer :

« Depuis mon arrivée ici (les montagnes de Petchabury), il pleut presque continuellement; mais j'ai à lutter constamment contre un plus cruel et plus odieux ennemi, qui ne m'a jamais tant fait souffrir qu'ici; rien ne peut contre lui : coups d'éventail, coups de poing, coups de fusils; il se fait tuer avec un courage digne d'un être plus noble. Je veux parler des moustiques. Des milliers de ces cruelles bêtes sont occupées jour et nuit à me sucer le sang; mon corps, ma figure et mes mains ne sont plus que plaies et qu'ampoules.

Je préfère beaucoup avoir affaire aux animaux sauvages des bois; par moments, c'est à hurler de douleur et d'exaspération; on ne peut s'imaginer quel fléau épouvantable sont ces affreux démons auxquels Dante a oublié de donner un rôle dans son enfer » (p.228)

 

Retour à Bangkok pour y inventorier ses collections et mettre de l'ordre dans ses notes avant de tout expédier vers l'Europe sur le « Sir John Brooke » qui sombra quelque temps plus tard à quarante milles seulement de Singapour emportant par le fond ses précieuses malles :

« ... le bateau à vapeur sur lequel la maison Gray, Hamilton et Cie, deSingapour, avait chargé toutes mes dernières caisses de collections, vient de sombrer à l'entrée de ce port. Voilà donc mes pauvres insectes qui me coûtent tant de peine, de soins et de travail à jamais perdus ! ... Que de choses rares et précieuses que je ne pourrais sans doute pas remplacer, hélas ». (p.230)

Il apprend cette perte inestimable quelques heures avant de quitter Bangkok en même temps qu'il reçoit de bonnes nouvelles de sa famille qui lui apportent « quelque consolation à malheur qui, au premier moment, m'avait fort affecté » (p.234).

Singes narguant un crocodile

On peut penser que lors de ses différents passages à Bangkok, il confia des notes, des croquis et des spécimens collectés, à des relations en place dans la capitale et qu'ils les ont fait parvenir à Sir Samuel Stevens, secrétaire de la Société Royale de Londres. En effet, ce même Stevens apparaît comme acheteur pour le compte de ladite société d'un certain nombre de collections d'Henri Mouhot entre le 8 juillet 1859 et le 18 août 1862 dans les archives du British Museum.

 

Ce périple vers le Laos sera plus éprouvant que les précédents. La voie n'est pas encore balisée. Ses descriptions prennent un tour plus lyrique et parfois sont empreintes d'une certaine légéreté comme dans la présentation qu'il nous fait de Tin Tine, son chien, qui n'apparaît qu'à cette partie du récit :

« Ingrat que je suis, je ne vous ai pas encore parlé de ce petit compagnon qui m'est si fidèle, de ce joli mignon King Charles que j'ai amené avec moi ... ». (p.267)

Mais à peine plus loin, peut-être sous l'emprise des fièvres qui le minent, elles se font l'écho d'angoisses et de craintes qui commencent à l'habiter :

« Je suis aux portes de l'enfer, comme appellent cette forêt les Laotiens et les Siamois. Tous les être mystérieux de cet empire de la mort semé des ossements de tant de pauvres voyageus, dorment profondément sous cette voûte épaisse. Je n'ai rien qui pourrait effrayer les démons qui l'habitent, ni dent de tigre, no cornes ce cerfs rabougries, aucun talisman enfin, que mon amour pour la science et ma croyance en Dieu? Si je dois mourir ici, quand l'heure sonnera, je serai prêt » (p.270)

 

Cette remarque au fort de la forêt tropicale a des accents prémonitoires.

 

Il arriva à Luang Prabang le 25 juillet 1861 et le 5 il est présenté au roi. Après quelques jours passés à en obtenir l'autorisation, il part le 9 août pour explorer les districts au nord et à l'est. Il s'installe au bord de la Nam Kam, un affluent du Mékong. Le 28 septembre il reçoit un ordre du Sénat de Luang Prabang lui enjoignant de ne pa dépasser cette limite. Il commence à avoir de plus en plus le mal du pays et à craindre de ne pas pouvoir aller au bout de sa quête : la source du Mékong.

« Me sera-t-il donné de faire plus ? » (p.303)

Son journal s'arrête le 5 septembre. Toutefois il continuera de noter les conditions météo jusqu'au 25 octobre. Le 19, il est pris de fièvre, le 29, il écrit encore :

« Ayez pitié de moi,ô mon Dieu » (p.306)

Le 7 il sombre dans le coma et délirera jusqu'à sa mort le 10 novembre 1861 à sept heures du soir.

 

Après avoir inhumé H. Mouhot selon des rites chrétiens, Phraï et Deng, rapportèrent, trois mois plus tard, à Bangkok, ses collections, ses effets personnels et ses notes, avec le récit de ses derniers moments. Sans leur dévouement et leur fidélité, rien de tout cela ne nous serait parvenu.

Mouhotia

Dans un article de Bruno Dagens consacré au rôle d'Henri Mouhot dans la politique française en Indochine, une note de bas de page amène cette réflexion :

« Précisons que si le texte anglais apparaît infiniment supérieur à son homologue français, cela ne signifie pas qu'il soit parfait; lui aussi comporte des lacunes et des incohérences. Nous ne pouvons que renouveler à ce sujet l'appel que nous avons lancé en 1990 à la société asiatique por que les détenteurs actuels des originaux de Mouhot autorisent leur utilisation pour une nouvelle édition qui seule permettra de rendre pleine justice à ce grand voyageur. » (cf. journal asiatique 1991 p.384)

 

Je ne peux que reprendre les termes de Bruno Dagens pour relancer en ces pages le même appel. Apparemment les originaux auraient été remis à Madame veuve Mouhot après la publication du récit.

Dans la préface de l'édition de 1999 chez Olizane ( Genève ) Jacques Népote apporte un éclairage nouveau sur l'histoire éditoriale du récit d'Henri Mouhot :

« L'ouvrage est en réalité une reconstitution posthume effectuée par TH. Hodykin et Ferdinand de Lanoye, Sous la responsabilité de Charles Mouhot, le frère de l'explorareur, à partir de son journal de voyage et de ses correspondances personnelles. Ceci explique que le texte édité connaisse quelques changements de tons, des ruptures de rythme, et qu'il ne soit guère facile de restituer le détail de la chronologie ».

 

Notons pour conclure que, malgré sa célébrité momentanée pour la « découverte » d'Angkor à la fin du XIXème siècle, Henri Mouhot ,n'apparait dans aucun dictionnaire, seule  l'encyclopédie Larousse des explorateurs (1999) le mentionne et encore, en égratignant son nom.
Il m'a fallu par hasard « tomber » sur cette définition :

« MOUHOTIA; n.f. ( de Henri Mouhot n. propre ) carabique scaratiné noir luisant, avec les élytres largement cerclés de rouge ou de vert métallique, qui habite l'Indochine » dans le Grand Dictionnaire Encyclopédique Larousse ( Paris 1984 tomeX p;7142 ) pour trouver quelque part une référence à notre cher voyageur dont le nom est porté par quelques spécimens qu'il fut le premier à observer par exemple : pyxedia mouhotii ( une tortue ), helix mouhotii et le susnommé mouhotia gloriosa ( des coquillages).

Mouhotii

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